Sankofa Soul Contest : Je ne t’aime plus, mon amour

Vendredi soir. Malade. Presque 20h. Boulot. Un ami m’appelle pour me proposer de me joindre à lui et à ses amies au 1er quart de final du Sankofa Soul Contest.

Le Sankofa Soul Contest est un rassemblement de jeunes artistes  amoureux de Soul Music qui participent à un concours de chant. Les meilleurs se qualifient pour les étapes suivantes et l’ensemble du concours se déroule sur plusieurs mois.

Malgré ma petite condition, j’ai accepté, sur un coup de tête, car depuis mon expérience au Japon, je sais que les meilleures expériences ont lieu quand on les réalise sur un coup de tête !

J’y suis donc allé et j’avoue avoir été très très déçu ;-(

Ce que j’apprécie dans cet événement :

Le Sankofa Soul Contest est un événement culturel majeur auquel j’assiste depuis plusieurs années. Je l’ai découvert en allant soutenir un ami, Christophe, aka Tof, qui concourait, et j’ai tout de suite été enchanté : ambiance formidable dans la fosse où tous les supporters chantent et dansent avec passion au rythme de l’orchestre, toujours très bon, qui accompagne les performances vocales des courageux chanteurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes sur le podium. Je trouve magique d’être mêlé aux artistes qui, après leur performance, rejoignent souvent leurs amis dans le public. J’adore le protocole de vote traditionnel qui veut qu’on encourage et soutienne ceux qu’on a aimé en agitant son téléphone portable. J’aime ce côté « battle » entre les compétiteurs. J’aime aussi le fait que le Sankofa soit un tremplin musical sur lequel de nouveaux talents bondissent pour se faire découvrir. J’aime cette communion entre les artistes. Je prends un plaisir absolument jouissif à y toujours retrouver des camarades, ami(e)s et autres connaissances. J’aime enfin le talent et le sourire formidable de la magnifique Joby Smith, animatrice phare de ce show enivrant.

Bref, l’événement Sankofa Soul Contest m’a toujours enchanté… jusqu’à ce triste vendredi soir.

Oui, car malgré tout, ma déception a été grande et s’inscrit dans un sentiment de désamour qui s’est amorcé l’an dernier :-/

Mais enfin qu’est-ce que je n’apprécie plus dans cet événement ?

Depuis que l’Opus Café s’est fait racheter par le Bizz’Art, de nombreux choix très contestables ont été faits :

La gestion de l’espace, d’abord est devenue lamentable. Il a toujours été possible de diner en musique, mais les tables étaient traditionnellement toutes à l’étage sur le balcon, et la fosse était « réservée » à une foule debout se mouvant et s’émouvant au rythme de la Black Music. Cela marchait très bien ainsi et la symbiose des deux publiques faisait que tout le monde y trouvait son compte.

Hélas, l’an dernier, les responsables ont cru bon de placer des tables dans la fosse, sur la droite de la scène. J’avais déjà jugé ce choix absurde dans la mesure où cela réduisait la masse de la foule et qu’on était souvent dérangé par les serveuses qui devaient se frayer un chemin dans la foule avec les assiettes et les verres.

Mais ne voilà-t-il pas que, hier soir, j’ai eu la mauvaise surprise de découvrir qu’une nouvelle table-repas avait été installée dans un autre coin de la fosse :-( La circulation n’était plus fluide du tout, l’osmose entre les différents publiques s’est perdue et nous nous dérangions mutuellement :-@

Mais ce n’est pas le pire. Non. Le pire a été engendré par ces choix malheureux. Le pire, c’est que le public a changé et, avec ce changement, une part trop importante de l’âme du Sankofa Soul Contest s’est envolée !

Comment en aurait-il pu être autrement lorsqu’à côté des passionnés de Soul qui s’époumonent sur du Aretha Franklin se trouve une table de « bourgeois » qui dégustent tranquillement leur champagne, dans « leur monde » ? Comment en aurait-il pu être autrement quand une partie de la fosse essaye de gesticuler frénétiquement sur du James Brown alors que d’autres, qui ne peuvent d’ailleurs pas voir la scène, discutent entre eux et ne prennent pas véritablement part à l’événement présent ?

Bref, les vrais fans qui insufflaient au Sankofa son âme et sa magie se font plus rares :-(

Un nouveau public a cependant fait son apparition. Un public plus spectateur qu’acteur ; un public présent pour le côté hype et tendance, et qui pensent que cet événement se déroule sur le même principe que les Jazz clubs dans lesquels on écoute, plus ou moins passivement la musique en sirotant un verre et en discutant avec ses voisins de table. Et ainsi débute le cercle vicieux car ce nouveau public chasse l’ancien toujours un peu plus :-/

Ne nous méprenons pas : j’ai parfaitement conscience que le Bizz’Art a des problématiques comptables et qu’il doit maximiser sa rentabilité… Mais à mon avis il se trompe avec cette stratégie de court terme qui empoisonne petit à petit la poule aux œufs d’or. L’âme d’un événement tel que le Sankofa Soul Contest n’a pas de prix.

Quitte à maximiser leurs marges, j’aurais largement préféré qu’ils augmentent leurs prix, mais gardent la formule gagnante : Fosse devant la scène + bar tout derrière + restaurant à l’étage. Simple, mais efficace.

En espérant que je ne sois pas le seul à pousser ouvertement ce coup de gueule et en priant pour que les choses s’améliorent afin que je retrouve enfin mon Sankofa chéri.

EDIT : Je me suis permis de communiquer ce billet directement à Joby Smith, qui m’a répondu très rapidement et très gentiment. Je ne lui en ai pas demandé la permission, donc, je ne me permets pas de reproduire sa réponse, mais, globalement, elle abonde dans mon sens et devrait remonter ces points d’amélioration et ce ressenti aux organisateurs. Gageons que ça fasse changer les choses positivement :-)

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